La famille des Escotais est attestée par les sources à partir du début du XIIᵉ siècle. Elle est principalement documentée dans le Maine et en Touraine, où plusieurs de ses membres sont établis au cours du Moyen Âge et de l’époque moderne. Son histoire est documentée sur près de neuf siècles par des sources de nature ecclésiastique, féodale, militaire, administrative et généalogique.
Origines médiévales
Les premières mentions aujourd’hui conservées de la famille apparaissent dans le cartulaire de l’abbaye d’Évron, en Mayenne. Elles évoquent le fief des Escotais, situé à Jublains, ainsi que plusieurs membres de la famille. Ces documents témoignent de leur inscription ancienne dans la chevalerie locale du Bas-Maine et dans les structures féodales de la société seigneuriale.
Les armoiries de la famille — d’argent à trois quintefeuilles de gueules — sont attestées dès le XIVᵉ siècle (comprendre 3 fleurs rouges posées sur un blason argenté).
Thibault des Escotais est associé aux sources relatives à la troisième croisade (1191). Ses armes figurent parmi celles retenues au XIXᵉ siècle dans la salle des Croisades du château de Versailles.
Déplacement et implantation en Touraine
À partir du XIVᵉ siècle, une branche de la famille quitte la Mayenne pour s’établir entre Le Mans et Tours. Ce déplacement marque la constitution de la lignée dont sont issus les représentants ultérieurs de la famille.
Durant le Moyen Âge tardif, la famille conserve un statut militaire affirmé. Le château des Escotais, située à Jublains, est renforcée durant la guerre de Cent Ans avant d’être partiellement détruite au XVᵉ siècle. Parallèlement, la famille acquiert et occupe plusieurs seigneuries en Maine et en Touraine, notamment autour de la Chevalerie et de Chantilly.
XVIᵉ siècle et guerres de Religion
Au XVIᵉ siècle, la famille apparaît de manière plus visible dans les sources politiques et administratives. Ambroise des Escotais apparaît dans les sources relatives aux guerres de Religion, notamment comme intermédiaire entre le pouvoir royal et le parti protestant. Il participe aux négociations précédant la reddition de Paris en 1594 et est admis dans l’ordre de Saint-Michel.
Les alliances matrimoniales documentées au cours des siècles suivants témoignent de son inscription dans différents réseaux de la noblesse française. Parmi ces alliances figure notamment celle conclue avec la maison de Montmorency, par le mariage de Michel Séraphin des Escotais avec Louise-Elisabeth de Laval-Montmorency, célébré le 29 juin 1706.
Le comté des Escotais
En 1755, sous le règne de Louis XV, les principales terres de la famille sont réunies et érigées en comté par lettres patentes. Les lettres patentes motivent notamment cette érection par l’ancienneté de la maison et par les services rendus à la monarchie sur plusieurs générations.
Au XVIIIᵉ siècle, plusieurs membres de la famille occupent des fonctions d’officiers généraux, gouverneurs militaires, membres des ordres royaux et de l’ordre de Saint-Jean de Jérusalem (ordre de Malte), dont l’un atteint la dignité de Grand Hospitalier. Ces éléments sont documentés par les archives militaires, administratives et nobiliaires de l’Ancien Régime.
Révolution française et recomposition
La Révolution française constitue une rupture majeure. Une partie de la famille émigre, tandis que d’autres membres demeurent en France. Plusieurs biens fonciers sont saisis et vendus comme biens nationaux. Cette période entraîne une profonde recomposition de la situation patrimoniale de la famille et la disparition du patrimoine seigneurial.
Au début du XIXᵉ siècle, Roland des Escotais occupe successivement des fonctions consulaires au Cap de Bonne-Espérance, puis à Gibraltar, dans le cadre de l’administration française de la Restauration. La descendance de cette branche est documentée jusqu’à l’époque contemporaine en lignée masculine légitime, selon une filiation établie de génération en génération.
Périodes contemporaines
Pour les périodes les plus récentes, aucune présentation détaillée n’est proposée, par souci de respect de la vie privée des membres actuels de la famille.
Conclusion
Les évolutions historiques décrites ci-dessus permettent de comprendre la dispersion des archives relatives à la famille, aujourd’hui conservées dans des fonds multiples, en France et hors de France.